Actualités - Sandrine de Courcy, Made in Marinière
Les découvertes, les coups de coeur, l'Univers de "Made in Marinière" !

L’inspiration Le Minor


Pour ce premier article, parler de la Maison Le Minor, mon fournisseur de tissu de marinière s’imposait, car sans marinière, point de «Made in Marinière» ! C’est grâce à cette matière brute et intemporelle, que ma première collection a vu le jour, et bien sûr grâce à la rencontre avec Marie-Christine Grammatico, directrice de la Maison Le Minor, que nous retrouvons dans son bureau à Guidel, dans le Morbihan.

Je vous emmène pour vous faire découvrir les plus belles marinières !

En tintin reporter pour vous faire découvrir les plus belles marinières !

LE MINOR : La passion du «Made in France» !

Maison emblématique du patrimoine Breton, Le Minor prend ses racines en 1936, à Pont l’Abbé, dans le Finistère. Soucieuse de voir de nombreux Bretons partir de leur terre natale pour trouver du travail, Marie-Anne Le Minor a conscience que pour garder le savoir-faire local, il faut commencer par en développer son économie. Visionnaire et dotée d’un sens artistique certain, elle a l’idée de créer des poupées, qui très rapidement rencontrent un succès international, faisant de Pont l’Abbé, la capitale mondiale de la poupée. Avec la guerre et le manque de cellulose pour ses poupées, il lui faut trouver de nouveaux chemins économiques pour garder à flot son entreprise florissante. C’est en puisant dans le patrimoine culturel breton, qu’elle créé des vêtements brodés pour des bagadous et groupes de danses bretonnes qui se développent alors. Portée par sa démarche créative basée sur le patrimoine breton, Marie-Anne Le Minor, lance sa première ligne de linge de table brodé de motifs bigoudins, dont beaucoup de modèles sont devenus des classiques. Amie de Colette et de nombreux artistes, elle développe des collaborations avec des peintres et créateurs, tels que Mathurin Méheut ou Pierre Toulhoat. Femme de timonier, c’est tout naturellement que la création d’une collection de vêtements en drap de laine, cabans, kabigs viennent compléter sa marque.

La Maison Le Minor propose des modèles uniques de coloris de marinières

La Maison Le Minor propose des modèles uniques de coloris de marinières

En 1982, «La Bonneterie Lorientaise» acquière Le Minor pour la revendre en 1987.

La famille Grammatico, originaire du Nord de la France, cherche à reprendre une marque au fort patrimoine et au savoir-faire artisanal puissant. Pour cette famille de passionnés, bercés depuis toujours dans l’univers du textile, le coup de foudre pour Le Minor est immédiat ! Réactualiser dans la tradition, pour redonner un nouvel essor à la marque, sera le mot d’ordre de la nouvelle équipe.
Je vous propose de découvrir ce savoir-faire unique, qui perdure, grâce à sa directrice Marie-Christine Grammatico à la tête de la célèbre marque depuis 1987.

Pourquoi avez-vous fait le choix de reprendre la Maison Le Minor, il y a bientôt 30 ans ?
Marie-Christine Grammatico : Mon père était tailleur et avait travaillé au développement de la marque Biderman dans le nord de la France, nous avons donc été bercés dans le monde du textile depuis notre enfance. Avec mes deux frères Jean-Luc et Emile, nous cherchions une marque au savoir-faire important et à l’image traditionnelle forte. Le Minor représentait tout ce dont nous rêvions pour développer notre créativité. Malheureusement, mon frère Jean-Luc, à l’origine de cette reprise n’est plus là, et il a fallu que très rapidement, je reprenne les rênes de l’entreprise épaulée par Emile qui est en charge de la direction artistique des collections . L’objectif était de s’appuyer sur le savoir-faire artisanal tout en faisant croître la marque vers une production plus industrielle et avec une volonté de se développer sur l’international. Un challenge important dans une période où la production commençait déjà à se délocaliser à l’étranger. Mais notre motivation à faire du 100 % made in France, nous porte depuis toujours. Nous sortons plusieurs collections de marinières par an, pour l’enfant, l’homme et la femme. Nous partons du fil, fabriquons notre tissu pour arriver jusqu’au produit final, afin de contrôler toutes les étapes de la fabrication de nos collections. Nous expédions en France et à travers le monde, nous revendons également dans notre boutique à Paris, et dans notre boutique d’usine à Guidel, dans le Morbihan.

Machine circulaire à tricoter

Machine circulaire à tisser le coton

Nous avons acquis de nouvelles machines à tricoter, afin de proposer à nos clients des possibilités plus pointues tout en restant dans la tradition marine. Cette démarche nous a permis de nous développer en France, mais aussi à l’export, principalement au Japon, qui représente une grosse partie de notre production. Bien sûr, nous exportons dans d’autres pays, comme les Etats-Unis, la Suisse… Nous travaillons également beaucoup avec de jeunes designers qui viennent chercher chez nous, une disponibilité, une écoute et un savoir-faire pointu. C’est une partie que j’aime beaucoup et qui me tient à coeur : accompagner des stylistes français dans leur démarche du «100 % Fabriqué en France». Nous nous développons donc sous notre propre marque et en tant que façonnier pour des créateurs.

Bobines en pur coton spécialement teintes pour Le Minor

Bobines en pur coton spécialement teintes pour Le Minor

D’où viennent vos superbes matières premières, votre coton et votre laine ?
Marie-Christine Grammatico : Nous travaillons avec du coton Open End, qui vient de France, que nous gardons en couleur naturelle pour la couleur écru, et la teinture de nos cotons se fait dans le Sud-Ouest. Nous tricotons la plus grande partie de nos tissus, mais nous devons également faire appel à des tricoteurs dans le Nord de la France et dans le Sud Ouest en pleine période de production. Une fois le tricotage terminé, le coton brut part en traitement à Troyes, Roanne ou dans le Sud-Ouest. Pour la laine, nous travaillons avec de la pure laine traditionnelle, sèche, Mérinos et de l’Acryl, que nous tricotons exclusivement à Guidel.

Bobines placées en vue du tricotage

Bobines placées en vue du tissage

Vous avez une manière unique et très particulière de mélanger les couleurs…
Marie-Christine Grammatico : J’ai toujours aimé les couleurs, (me dit-elle en me montrant un joli dessin très coloré réalisé lorsqu’elle était enfant), ce doit être mes origines italiennes et ma naissance en Tunisie qui m’ont fortement influencée, pour me donner envie d’insuffler de la lumière dans les matières. Mélanger du rouge et du rose avec du orange, ou du bleu avec du vert en gardant toujours la coupe classique de la marinière est notre image de marque. Nous avons innové avec des versions de marinières en patchwork ou avec le procédé «Tie and dye», donnant à chaque pièce une version unique. Ce sont des modèles qui plaisent énormément, notamment sur la côte Est des Etats-Unis.

Traçage du tissu, pour la préparation des matelas

Traçage du tissu, pour la préparation des matelas

Quels sont les différents processus de fabrications d’une marinière ?
Marie-Christine Grammatico : Nous prenons tout d’abord les rouleaux de tissu que nous posons sur nos grandes tables à découpe. Nous y apposons nos patrons pour la phase de traçage des marinières, afin de préparer ce que nous appelons des matelas, c’est à dire plusieurs épaisseurs de tissus prêts à être découpées à la scie ruban. Puis, lorsque les différents morceaux de la marinière sont coupés, nous commençons par piquer le sigle de notre marque, toujours sur la manche gauche. Ensuite vient le montage, rayures contre rayures, afin de bien les faire coordonner. Aujourd’hui, cela parait normal de faire coordonner les rayures, ce qui n’était pas le cas autrefois. La marinière étant au départ, un vêtement de travail, les marins ne se posaient pas la question de faire coordonner les rayures, et le tricotage d’alors ne le permettait pas. Il faut entre 3 et 5 ans pour une ouvrière avant de savoir monter impeccablement une marinière dans notre atelier, car c’est un piquage particulier. Notre challenge d’aujourd’hui, est là. Trouver et former des petites mains qui prendront la suite des plus anciennes, qui ne rêvent que de transmettre leur savoir aux plus jeunes !

Le contrôle qualité réalisé par des mains expertes

Le contrôle qualité réalisé par des mains expertes

Où retrouver les créations de la Maison Le Minor

Zone Industrielle des Cinq Chemins
56 520 Guidel

5 rue du Sabot
75 006 Paris

A retrouver également sur la boutique en ligne :
https://sandrinedecourcy.com/32-marinieres

sandrine

sandrine

Je suis bretonne, née à Nantes, j'ai grandi au bord de la mer, à Larmor-Plage, dans le Morbihan. Comme beaucoup de bretons, j'ai vécu dans beaucoup d'endroits différents, sans jamais réellement quitter mon esprit de fille de la mer. Je suis styliste/modéliste, et ai suivi le cursus d'Esmod, à Lyon, et j'ai créé en 2013 la collection "Made in Marinière", des bracelets, colliers, étuis, sacs, coussins... tous en toile marine et authentique tissu de marinière. Ce tissu provient exclusivement de la Maison Le Minor, basée à Guidel, car pour moi, ce sont les seuls qui, encore aujourd'hui perpétuent le savoir-faire unique de la vraie marinière en pur coton. Je m'amuse à détourner cette matière, qui par son épaisseur et la façon dont elle est tissée, offre de multiples possibilités pour créer !

4 Commentaires

  •    Répondre

    Pour la saison 2017, je pourrais être intéressée d’avoir quelques marinières. A. Noury

    •    Répondre

      Bonsoir Madame,

      Je vous remercie de votre message. Bien sûr, je vais vous faire parvenir notre catalogue.
      Je vous souhaite une excellente soirée et à bientôt !

      Sandrine

  •    Répondre

    Bravo Sandrine pour ce premier article, une belle histoire, colorée et « made in France »!

    •    Répondre

      Bonjour Valérie,

      Merci beaucoup ! Écrire sur cette superbe marque totalement « Made in France » est toujours passionnant, et donne envie de faire découvrir ou redécouvrir ce savoir-faire artisanal indispensable à notre culture.

      Bonne soirée à vous !

      Sandrine

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